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"LES
DYSCHROMATOPSIES"
Auteurs :
Jean Leid Coordonnateur, Philippe Lanthony, André Roth, Jean Vola, ophtalmologistes,
Florence Rigaudière, Françoise Viénot, physiologistes et Christian Malbrel,
Hélène Saule-Sorbé.
Bulletin
de Sociétés dOphtalmologie de France. Rapport Annuel. Numéro spécial.
Novembre 2001 301 p.. DGDL Marseille (www.dgdl.com) 106,71 E.
Les
Dyschromatopsies, ouvrage rédigé par des spécialistes de la vision des
couleurs, permet de comprendre les fondements neurophysiologiques de la
vision des couleurs ainsi que les différentes altérations dont elle peut
faire lobjet chez lhomme : dyschromatopsies héréditaires
(notamment le daltonisme) ainsi que celles dues à des déficiences du système
visuel (dyschromatopsies acquises). Il développe de façon rigoureuse,
claire et actuelle, les modes d'évaluation de la fonction colorée et ses
inestimables apports en clinique.
Les
Dyschromatopsies devrait figurer en bonne place dans les bibliothèques
de tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à la vision des couleurs
ou qui utilisent la couleur (étudiants en biologie, biochimie, médecine,
graphistes, plasticiens, coloristes, éclairagistes, ingénieurs bio-médicaux).
Ils prendront connaissance de son contenu avec beaucoup de fruit.
RESUME
à lattention des biophysiciens par Dr. Florence Rigaudière
BASES
PHYSIQUES, PSYCHOPHYSIQUES ET PHYSIOLOGIQUES DE LA SENSATION COLOREE.
A partir d'un certain niveau lumineux de stimulation dit photopique (supérieurs
à 10 cd/m2) d'un contenu spectal donné (radiations de longeurs donde
comprises entre 400 et 700 nm), la sensation visuelle s'enrichit de l'attribut
coloré, dénommé rouge, pour les grandes longueurs donde, jaune ou
vert, pour les moyennes longueurs donde et bleu, pour les courtes
longueurs donde. La quantification des stimulations, à lorigine
de cette sensation, constitue la colorimétrie, dont les bases reposent
sur la mise en activité et le fonctionnement spécifique d'une des catégories
de cellules de notre système visuel: les cônes. A ce niveau du premier
étage rétinien, s'effectue la première étape du codage spectral, par l'intermédiaire
de trois classes de cônes qui ont été identifiées grâce à leurs probabilités
différentes d'absorption des photons, selon leurs longueurs d'onde. C'est
l'étape du trichromatisme déjà envisagé par Young et Helmholtz. Les signaux
issus des trois classes de cônes L, M et S (dont les maximums dabsorption
sont situés respectivement à 560 nm, 530 nm et 420 nm) sont pris en charge
par des couples de cellules bipolaires puis de cellules ganglionnaires,
mais largement modulés par la médiation des cellules horizontales et amacrines
qui rétroagissent sur les signaux de cônes voisins. On explique ainsi
lorganisation des champs récepteurs des cellules ganglionnaires
en circulaire, à antagonisme non seulement spatial (antagonisme entre
centre et périphérie), mais aussi à antagonisme spectral (antagonisme
majoritairement de type rouge/vert : voie parvo) et, en de très faible
proportion, de type bleu/jaune (voie konio), deuxième lieu de lanalyse
spectrale et manifestations objectives des couples antagonistes pressentis
par Hering. L'information spectrale par antagonisme rouge/vert (voie parvo)
est conduite par 80% des fibres du nerf optique et fait un relais géniculé
aux couches parvocellulaires ; linformation spectrale par antagonisme
bleu/jaune (voie konio) est véhiculée par 1% des fibres du nerf optique
et fait relais aux intercouches géniculées. Les signaux fovéaux sont largement
amplifiés à ces relais géniculés. Les projections des parvocellules géniculées
aboutissent à la couche IVCbéta de l'aire visuelle primaire (ou striée
ou Vl) où aucune sensibilité spectrale nest retrouvée, celles des
koniocellules sur les couches II et III de V1, en des zones mises en évidence
seulement par des colorations spécifiques à la cytochrome oxydase dénommées
"blobs" : cest un ensemble de cellules qui se sont
révélées avoir des propriétés spectrales différentielles. Elles sont sensibles
aux extrémités du spectre, respectivement aux courtes et aux grandes longueurs
d'onde. Les blobs sont entourés par des cellules formant des inter-blobs
à l'origine d'un antagonisme spectral, inter-cellulaire cette fois. L'aire
extra-striée V2 présente aussi une alternance de bandes fonctionnelles
restreintes de cellules, dévolue au traitement des extrémités du spectre:
les stries foncées étroites. L'aire extra-striée V4 et son aire adjacente
V4alpha sont considérées comme étant le centre où se traiteraient plus
spécialement les informations spectrales. La mise en oeuvre dun
ensemble de zones corticales traitant spécifiquement des différents paramètres
de la stimulation (mouvement, profondeur, forme) permet le déclenchement
de la sensation colorée lors de lactivation dune
zone unique dite superviseur .
LES
ANOMALIES DE LA VISION DES COULEURS ET LEUR MODE DEXPLORATION.
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Les
anomalies héréditaires de la vision des couleurs prennent principalement
place au niveau des photopigments des cônes, dysfonctionnement partiel
ou total d'un ou plusieurs photopigments définissant les dyschromatopsies.
Le dysfonctionnement partiel d'un ou plusieurs des trois photopigments
définit les trichromates anormaux; le dysfonctionnement total d'un
des photopigments définit les dichromates: protan (absence de fonctionnement
du pigment L), deutan (absence de fonctionnement du pigment M) et
tritan (absence de fonctionnement du pigment S). Le dysfonctionnement
total de deux pigments définit les monochromates à cônes S, enfin
labsence de fonctionnement des trois pigments, les achromates.
Les caractéristiques de leurs atteintes sont stables et parfaitement
définies.
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Les anomalies acquises de la vision des couleurs peuvent résulter
de l'altération à tous les niveaux de la chaîne visuelle. * Celui
de la transmission de la stimulation altérant les qualités spectrales
de la stimulation arrivant sur la rétine (cataracte, altération
du vitré). * Celui de la transduction: le fonctionnement de
la rétine peut être secondairement modifié par exemple, par des
troubles trophiques (dysfonctionnements + vasculaires: ex.
diabète-, + de lépithélium pigmentaire: ex. Plaquénil),
par une hyperpression des milieux antérieurs (ex. glaucome), entraînant
des dysfonctionnements cellulaires et en particulier celui du système
des cônes et bien d'autres perturbations. * Celui de la conduction
de l'influx nerveux: en premier lieu, la neuropathie optique (toxique:
alcool, Ethambutol, solvants...), dégénérative (glaucome...), pouvant
se combiner à une atteinte rétinienne.... * Celui des centres
corticaux occipitaux, la perturbation de la sensation colorée étant,
dans ce cas, rarement dominante dans le tableau neurologique. Les
modifications de la sensation colorée acquise sont conscientes,
accompagnées dautres signes cliniques, évolutives et souvent
mal définies.
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Les tests cliniques utilisés en consultation, doivent être de manipulation
facile, de compréhension simple, de mise en oeuvre rapide, de résultats
fiables et précis. Beaucoup de qualités pour des situations multiformes.
Ce sont principalement des tests qui reposent sur la réflexion de
la lumière incidente (qui doit être donc parfaitement calibrée)
par des pigments.
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Si
les albums type ISHIHARA (appelés planches pseudo-isochromatiques)
sont bien adaptés au dépistage des anomalies héréditaires les plus
fréquentes, ce sont les tests de rangements de pions, appelés tests
dappariement (Panel D15 désaturé de Lanthony, 100 Hue de Farnsworth,
New Color Test) qui répondent le mieux aux situations de pathologies
acquises. Ils permettent une qualification, un suivi et, dans une
large mesure, une quantification de l'anomalie. Ils sont fiables
et reproductibles. Le test de Farnsworth 100 Hue, s'il est une aide
précieuse à la quantification précise de certains déficits, doit
être réservé à des cas bien précis. Il ne faut pas oublier les anomaloscopes
qui, bien quhélas peu répandus, sont dans certains cas indispensables.
Des exemples sont donnés dintérêt diagnostique et pronostique de
lexploration fonctionnelle de la perception colorée, au cours de
différentes pathologies. En tout état de cause, lophtalmologiste
se doit de pouvoir qualifier et quantifier correctement toute dyschromatopsie.
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